lundi 30 avril 2012
dimanche 29 avril 2012
Illuminations, Rimbaud
Me voici sur la place armoricaine. Que les villes s’allument
dans le soir. Ma journée est faite ; je quitte l’Europe. L’air marin
brûlera mes poumons ; les climats perdus me tanneront. Nager, broyer
l’herbe, chasser, fumer surtout ; boire des liqueurs fortes comme du métal
bouillant, - comme faisaient ces chers ancêtres autour des feux.
Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre,
l’œil furieux : sur mon masque, on me jugera d’une race forte. J’aurai de
l’or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces féroces infirmes
retour des pays chauds. Je serai mêlé aux affaires politiques. Sauvé.
mardi 24 avril 2012
lundi 23 avril 2012
La délicatesse de Foenkinos, quatrième de couverture
François pensa : si elle commande un déca, je me lève
et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est
guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la
télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un
jus, ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas
trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux
vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop
vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique.
La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, c’est parfait. Si elle
choisit ça, je l’épouse…
- Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois,
répondit Nathalie.
Il la regarda comme si elle était une effraction de la
réalité.
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